La dureté des murs

Martin B.


Ce jour commence avec une tristesse d'avoir comme information qu'un codétenu s'est suicidé la nuit passée : François B.

Rien qu'un pauvre malheureux qui en avait assez de vivre. Pourtant un beau jour de printemps, des pissenlits plein la cour et avec une harmonie de haine, de jalousie qui a eu le dessus sur son âme. Ce n'est pas la prison qui est dure, mais les détenus entre eux. L'image du diable qui en ressort par la mort et même après cet événement l'atmosphère diabolique demeure roi et maître. Qu'est-ce que va devenir l'avenir si les gens n'acceptent pas leur sort et qu'ils ne veulent pas changer? De la misère me semble la réponse à cette question!

L'économie ne s'améliore pas quand les prisons sont pleines et, d'année en année, la vis se sert. Moins d'oxygène est aussi la réponse à cette question. Qu'attendons-nous pour dénoncer le mal du bien? Plusieurs morts ou suicides.

J'ai peut-être 10 ans d'incarcération à Québec. À 45 ans, j'aimerais ça que ça change. Les gardiens ont tout fait pour le sauver et, pourtant, on passe notre temps à nous plaindre ou à les envoyer chier. Je suis vraiment déçu de moi-même d'être entre ces murs.

 

Concours d'écriture


Dans le cadre de son 40e anniverssaire de fondation, Alter Justice a voulu donner la parole aux personnes incarcérées de l'Établissement de détention de Québec, par la réalisation d'un concours de textes et de dessins qui seront publiés dans le Bulletin AJ et sur le web tout au long de l'année du 40e anniverssaire.

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