COMMUNIQUÉ

pour publication immédiate

Le ministère de la sécurité publique fait la sourde oreille aux recommandations du Protecteur du citoyen depuis dix ans

VERSION PDF

Québec, le 30 septembre 2010 – Le Groupe de défense des droits des détenus de Québec (GDDDQ) se désole à nouveau des constats soulevés par le Protecteur du citoyen qui concernent les Services correctionnels. Les problèmes dénoncés dans le rapport du Protecteur du citoyen sont, pour la plupart, existant depuis plus de dix ans. Cela nous porte à croire qu’il y a un sérieux manque de leadership au ministère de la Sécurité publique. La situation dans les établissements correctionnels se fait de plus en plus critique : la tension est de plus en plus présente, la surpopulation demeure, le personnel est à bout de souffle et peine à suffire à la tâche. Il est temps que cela cesse. Les Québécois sont en droit d’avoir un réseau correctionnel efficace qui assure sa sécurité et qui travaille à la réinsertion sociale des personnes contrevenantes.

Le GDDDQ joint sa voix à la Protectrice du citoyen et empresse le ministère à officialiser son plan d’action en réinsertion sociale. Il est inadmissible que les agents de services correctionnels doivent faire la police du tabac en prison alors qu’il y a actuellement de nombreux retards dans l’évaluation des personnes contrevenantes et que le personnel manque de temps pour s’occuper de la réinsertion sociale des personnes contrevenantes. Le ministère de la Sécurité publique doit revoir ses priorités.

Si on peut se réjouir du fait que le ministère de la Sécurité publique chercher à connaître les motifs de plaintes pour améliorer ses services, encore faut-il que le système de traitement des plaintes soit accessible et sans représailles. Le nombre de cas où les personnes incarcérées nous affirment être intimidées lorsqu’elles désirent porter plainte est trop nombreux pour croire qu’il s’agisse d’une situation isolée. Le ministère doit apporter d’importants changements, notamment au niveau de la confidentialité. Le fait que certains problèmes perdurent depuis autant d’années démontre que celui-ci n’atteint pas les objectifs et est à l’origine d’une perte de confiance envers ce système chez les personnes incarcérées.

Le Protecteur du citoyen confirme que l’ajout de 324 places dans le réseau correctionnel québécois n’a pas réglé le problème de surpopulation carcérale. Depuis son rapport spécial sur les Services correctionnels de 1999, ce problème a été dénoncé dans huit rapports sur dix par le Protecteur du citoyen. Plus de 1 000 places ont été ajoutées dans le réseau durant cette même période, ce qui représente 61 M$ par année en frais d’incarcération. Pourtant, le problème demeure entier et ses conséquences sont désastreuses. Pendant ce temps, les programmes de réinsertion sociale sont sous financés.

Le GDDDQ ne s’étonne guère du fait que de plus en plus de gens renoncent à leur libération conditionnelle. Cela témoigne du manque de confiance qui est de plus en plus généralisé chez les citoyens incarcérés. L’augmentation du taux de renonciation à la libération conditionnelle est dramatique du point de vue de la réinsertion sociale des personnes contrevenante puisque cela signifie que plus de la moitié de la population correctionnelle ressort de détention sans aucun encadrement, ni aucune démarche de réinsertion sociale. La population doit comprendre que les personnes admises en libération conditionnelle sont dans la majorité encadrées par des maisons de thérapie ou de transition et qu’elles sont surveillées jusqu’au terme de leur sentence.

Le Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec est un organisme à but non lucratif fondé en 1977 qui offre un service spécialisé d’information et d’intervention téléphonique sur les lois et règlements régissant la vie en détention. Il reçoit les appels des personnes incarcérées dans l’un des 18 établissements correctionnels du Québec ainsi que de leurs proches. Pour plus d’information sur l’organisme, consulter le site Internet au www.gdddq.org.

– 30 –

© Alter Justice