COMMUNIQUÉ

pour publication immédiate

Covid-19 : Mesures d’urgence sanitaire reclamées dans les établissements de détention.

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Québec, le 30 mars 2020 – Le Québec fait toujours face à une pandémie sans précédent. Alter Justice et la Société John Howard du Québec demandent au Gouvernement du Québec et au Gouvernement du Canada de prendre d’urgence des mesures sanitaires afin de contenir la propagation de la Covid-19 dans les établissements de détention (prisons et pénitenciers). Nous tenons à souligner l’initiative prise de faire purger les sentences intermittentes (de fin de semaine) à la maison pour cette période de crise.

« Les autorités carcérales affirment qu’il n’y a pas de cas d’infection à la Covid-19 dans les établissements fédéraux, malgré que des agents correctionnels le soient. Il est impensable que l’infection ne se soit attaquée uniquement au personnel carcéral! », affirme Samira Figuigui, directrice générale de la Société John Howard du Québec.

« Les mesures actuellement prises dans les établissements québécois sont loin d’être efficaces! Les personnes incarcérées mentionnent avoir peur pour leur propre sécurité, mais aussi pour leurs proches. Il est temps de sortir les personnes vulnérables et celles près d’une libération anticipée », ajoute Daniel Poulin-Gallant, coordonnateur d’Alter Justice.

Alter Justice et la Société John Howard du Québec demandent aux gouvernements que soient suspendues les sentences d’incarcération pour les personnes suivantes :
- Personnes de plus de 60 ans ;
- Personnes détenues enceintes ;
- Personnes dont la peine devrait se terminer dans le prochain mois ;
- Personnes condamnées à moins de 3 mois ;
- Personnes incarcérées en attente de procès, hormis dans les cas où un réel danger pour la société pourrait être encouru ;
- Personnes incarcérées dans un centre d’immigration ne présentant aucun risque pour la communauté.

Ces personnes devraient être libérées dans les plus brefs délais. Les gouvernements devraient ordonner une réduction substantielle des nouvelles admissions en détention. Des directives claires devraient être données aux différents acteurs des systèmes pénal et carcéral.

La suspension des activités non essentielles ainsi que la limitation de contacts humains peuvent dégrader la santé mentale et physique des personnes incarcérées. Dans ces conditions, nous demandons aux gouvernements d’augmenter l’accès au téléphone dans les établissements correctionnels provinciaux et fédéraux en supprimant les coûts d’appel en cette période de stress et d’incertitude.

Nous dénonçons aussi :
- Que les directives soient différentes d’un établissement à l’autre, notamment en ce qui concerne les règles d’hygiène ;
- Qu’il n’y ait pas de distanciation physique entre les personnes incarcérées ;
- Que, dans certaines prisons, le port de masques et de gants pour le personnel correctionnel est obligatoires et dans d’autres pas ;
- Que les détenu-e-s faisant le ménage, le service de repas et autres activités du genre n’aient pas accès à des gants, des masques ou des produits nettoyants appropriés ;
- Qu’il n’y ait pas de réponse appropriée aux demandes médicales, notamment sur les délais avant d’avoir une réponse ;
- Que la santé mentale des personnes détenues soit mise à mal par un confinement en cellule allant jusqu’à 22 heures sur 24, dépendamment des centres de détention ;
- Que le droit d’accès aux douches ne soient pas respecté ;
- Que l’accès aux services payants de télévision soient coupées, sans raison apparente ;
- Et que le sentiment de panique, exacerbé par le confinement en détention, ne soit pas adressé par les autorités carcérales.

Nous poursuivrons notre travail avec ardeur dans les prochaines semaines afin de soutenir les personnes incarcérées, mais aussi leurs proches tout autant touché-e-s par la situation.

Le numéro d’Alter Justice (418 522-4343), accessible aux personnes incarcérées dans les prisons provinciales, reste actif. Nous continuerons d’accepter les appels à frais virés des centres de détention provinciaux.

À propos d’Alter Justice

Alter Justice est un organisme à but non lucratif qui offre divers programmes d’intervention, d’information et de soutien à l’intention des personnes touchées par la judiciarisation et la détention dans un établissement correctionnel du Québec (sentence de deux ans moins un jour).

À propos de la Société John Howard du Québec

La Société John Howard du Québec est un organisme charitable à but non lucratif provincial dont la mission est de fournir une gamme de services communautaires à travers le Québec pour répondre au problème du crime et ses conséquences. L’organisme offre des programmes de soutien pour les personnes incarcérées dans un établissement pénitencier fédéral (sentence de deux ans plus un jour).

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Pour informations et entrevues

Samira Figuigui, directrice générale – Société John Howard du Québec
Par courriel

Daniel Poulin-Gallant, coordonnateur – Alter Justice
418 522-4343
Par courriel

 

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