Incarcération : la seule solution ?

Un aperçu des alternatives à l’incarcération

Présentation de différentes solutions de rechange qui ont fait leurs preuves

Par Marie-Christine Lavoie

Introduction

Couverture Recherche Femmes et parentalitéNotre système de justice et correctionnel québécois est à bout de souffle.  Alors que le taux global de criminalité diminue, nos prisons sont remplies à pleine capacité et pourtant, les gens se sentent de moins en moins en sécurité. La stratégie actuelle consiste à avoir trop souvent et indifféremment à l'incarcération comme principal moyen de lutte contre la criminalité, mais elle n'est pas, dans bien des cas, la mesure la plus efficace.

Malheureusement, les efforts jusqu'ici déployés pour trouver des solutions de rechange à l'incarcération n'ont pas vraiment réussi à diminuer considérablement notre taux d'incarcération.  Elles sont peu reconnues comme étant une option crédible aux yeux du public.  Pourtant, nous ne pouvons plus nous permettre de maintenir ce haut niveau d'emprisonnement, que ce soit sur le plan financier ou sur le plan social.  Il existe pourtant une panoplie de mesures alternatives à l'incarcération qui ont fait preuve de leur efficacité dans divers pays.

Devant faire face à de nouveaux défis, le Québec, tout comme l’ensemble des sociétés occidentales, est appelé à se questionner sur le rôle et la place de l’État dans l’économie et la société.  Si le débat porte souvent sur l’économie, l’éducation et la santé, le système de justice pénal échappe largement aux remises en question.  Pourtant, de nombreux pays ont pris le virage des alternatives à l’incarcération qui, on le sait, constitue la mesure la plus dispendieuse. 

L’aspect économique n’est pas le seul à justifier une remise en question.  On ne compte plus le nombre d’études qui ont démontré que le système pénal a de nombreuses lacunes et que souvent, il fait preuve d’inefficacité.  D’ailleurs, beaucoup de criminologues s’entendent pour dire que la prison, c’est « l’école du crime ».  Pourtant, le Québec continue d’avoir recours trop fortement à l’emprisonnement et on y envoi des gens qui ont commis des infractions sommes toutes mineures. 

Le taux d'incarcération au Canada est passé à 110 prisonniers par tranche de 100 000 habitants en 2006.  Bien que moins élevé qu’aux États-Unis, le taux d’incarcération canadien est de loin supérieur à celui de la majorité des pays occidentaux.  De plus, le nombre de personnes en détention qui sont dans l’attente de leur procès ou le prononcé de leur peine dépasse maintenant le nombre d’adultes condamnés dans les prisons provinciales et territoriales.

Il est plus que jamais nécessaire de revoir l’utilisation de l’emprisonnement qui pourtant, ne devrait être utilisé qu’en dernier recours et lorsque la personne représente une réelle menace pour la société.

Quelles sont donc les solutions alternatives à l’incarcération qui s’offrent à nous? 


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Mise en ligne : janvier 2008 © Alter Justice