10 octobre 2009

Journée mondiale contre la peine de mort

Par Eric Bélisle

Le 10 octobre 2009, Journée mondiale contre la peine de mort, la Coalition mondiale contre la peine de mort souhaite éduquer à l'abolition les citoyens du monde entier et en particulier les jeunes de 14 à 18 ans.

Aujourd’hui, 139 pays répartis sur toute la surface du globe ont aboli la peine de mort en loi ou en pratique. « Seuls » 25 pays ont procédé à des exécutions en 2008. Selon les chiffres d’Amnesty International, 93% des exécutions recensées ont eu lieu dans 5 pays: en Chine, en Iran, en Arabie Saoudite, au Pakistan et aux États-Unis.

Les progrès à venir passent principalement par l’éducation qui sera donnée aux enfants : futurs citoyens, hommes et femmes politiques, justiciables, juges, avocats... L’avenir du monde est entre leurs mains et il appartient à chacun d’entre eux, lorsqu’il sera adulte, de rejoindre la famille abolitionniste.

En prévision du 10 octobre 2009, les membres de la Coalition mondiale contre la peine de mort ont souhaité s’adresser directement aux jeunes et contribuer à éduquer à l’abolition. Les célébrations liées au 10 octobre doivent demeurer un moment festif, malgré l’âpreté du sujet. Les élèves seront amenés à être sensibilisés à la question de la peine de mort et à découvrir les arguments qui permettent à l’idéal abolitionniste de devenir chaque année un peu plus à notre portée.

Quelques chiffres :

Plus de deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort en ou en pratique.

94 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes ;

10 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes sauf les crimes exceptionnels, tels que ceux commis en temps de guerre ;

35 pays peuvent être considérés comme abolitionnistes de facto : la peine de mort est  toujours prévue par leur législation, mais ils n'ont procédé à aucune exécution depuis au moins dix ans. Ce sont ainsi 139 pays qui ont aboli la peine capitale de jure ou de facto. Mais 58 pays et territoires maintiennent la peine de mort et appliquent ce châtiment. Cependant « seuls 25 » pays ont procédé à des exécutions en 2008.

Depuis 1990, plus de 54 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes. Au cours de l'année 2008, au moins 2 390 prisonniers ont été exécutés dans 25 pays et 8 864 personnes condamnées à mort dans 52 pays. Ces chiffres reflètent uniquement les cas dont Amnesty International a eu connaissance et sont certainement en deçà de la réalité.

En 2008, 93% des exécutions recensées ont eu lieu en Chine, aux États-Unis, en Iran, au Pakistan et en Arabie Saoudite.

Aux États-Unis, en 2008, 9 États ont procédé à des exécutions, ôtant la vie à 37 personnes  contre 42 en 2007, 53 en 2006 et 60 en 2005), portant ainsi à 1 136 le nombre total de personnes exécutées depuis le rétablissement de la peine capitale en 1977.

Amnesty International estime que le Chine a exécuté au moins 1 718 personnes au cours de l'année.  De son côté, la fondation Dui Hua, basée aux États-Unis, estime ce nombre aux alentours de 6 000.  Il faut dire que les statistiques officielles sur l'application de la peine capitale en Chine restent un secret d'État.  De plus, le 26 août 2009, le quotidien gouvernemental chinois China Daily[1] a confirmé que 65% des organes greffés dans le pays proviennent de condamnés à mort exécutés.  Le vice-ministre de la Santé a reconnu que "ce n'est absolument pas une source appropriée pour les transplantations d'organes".

D'autres statistiques et encore plus d’information disponibles sur le site Internet de la coalition à l’adresse suivante : www.worldcoalition.org  ou www.abolition.fr

Sources :

[1] « 65% des organes greffés en Chine issus de condamnés à mort », sur http://www.rue89.com/chinatown/2009/08/26/65-des-organes-greffes-en-chine-issus-de-condamnes-a-mort, 26 août 2009.

Mise en ligne :novembre 2005 © Alter Justice