Dossiers > Articles

Justice & Sentences

Semaine de la justice réparatrice 2015

Un symposium sous le thème de l’innovation, la consolidation et la pérennisation des pratiques de justice réparatrice

Par Pascal Dominique-Legault

L’équipe d’Alter Justice prend un moment pour souligner la Semaine de la justice réparatrice qui se déroule cette année du 15 au 22 novembre.

 

Cette année, Alter Justice est très heureux de voir que politiciens, chercheurs, praticiens du monde juridique, du monde de l’accompagnement des personnes victimes, de la réhabilitation et certes du monde de la justice réparatrice et alternative, se sont réunis en début de semaine dans le centre-ville historique de Québec dans le cadre du Symposium national sur la justice réparatrice.

Des témoignages émouvants de personnes victimes, ayant courageusement accepté de partager leurs expériences, nous rappellent les bienfaits que peut apporter le dialogue en contexte pénal, pour les personnes qui souhaitent y participer, et ce, tant dans le cadre de crimes dits « graves » que de délits jugés plus mineurs. L’importance de l’objectif de la réparation a également été mis en valeur afin d’assurer des pistes de solutions constructives pour les personnes impliquées dans le conflit (qualifié de pénal) et afin de responsabiliser la personne contrevenante aux torts causés.

Ce symposium, qui se réunissait sous le thème de l’innovation, la consolidation et la pérennisation des pratiques de justice réparatrice, a eu beaucoup à se mettre sous la dent, notamment des invités de renommée internationale et d’autres, issus des quatre coins du pays, nous permettant de rassembler les savoirs précieux sur les pratiques de chacun.

Les participants ont notamment pu être choyés d’entendre l’annonce de la ministre de la Justice du Québec, Mme Stéphanie Vallée, quant à la mise en place de son nouveau programme de mesure de rechange pour adulte en milieu autochtone dans la province, pour lequel la Directrice des poursuites criminelles et pénales, Me Annick Murphy, a offert toute sa collaboration.

Si le projet ambitieux du ministère prévoyait également une annonce sur la mise en place d’un programme de mesure de rechange « général » destiné aux adultes québécois lors du symposium, l’incapacité de faire cette annonce en a certes déçu plusieurs qui l’attendaient avec impatience depuis déjà de nombreuses années. Quoi qu’il en soit, les participants se sont toutefois réjouis à l’idée que le ministère travaillait activement à l’implantation d’un tel programme général pour les adultes au Québec, dont on connaît déjà des exemples de tels programmes ailleurs au Canada.

Sans être naïf et reconnaissant tout le chemin qui reste à faire, il est important de reconnaître ces premiers pas très positifs du ministère et de son engagement concret qui prend la forme d’un programme québécois en milieu autochtone pour adultes.

En cette Semaine de la justice réparatrice, Alter Justice profite simplement de l’occasion pour rappeler à tous l’importance de soutenir activement et de pérenniser les initiatives qui permettent aux personnes victimes et contrevenantes qui le désirent, de participer à des processus d’échange et de dialogue, en tant que personnes directement impliquées par un conflit (pénal), initiatives pouvant éventuellement mener à une discussion sur les pistes de solutions constructives à viser pour réparer les torts causés. Si l’on connaît certaines avancées, il faut aussi reconnaître que l’on a encore du travail à faire pour assurer la pérennité des pratiques de justice réparatrice au Québec et au Canada. Ceci dit, c’est en maintenant les ponts entre les différents partenaires que nous réussirons, dans le long terme, à assurer une justice qui vise avant tout à réparer plutôt que de simplement punir et de faire souffrir. Alter Justice vous souhaite une bonne Semaine de la justice réparatrice!

Mise en ligne : novembre 2015 © Alter Justice