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Criminalité et Problématiques

Du 20 au 26 novembre 2016

Semaine de la prévention de la toxicomanie

« Il n'y a pas de magie, reste en contrôle. »

Par Anne Gabrielle Lechasseur

Dans notre société actuelle, le système de justice, de par la Loi, régit les comportements de tous et chacun. Par cette réglementation, certaines personnes auront à passer dans cet appareil, alors que d’autres iront jusqu’à purger une peine en prison. Qu’en est-il lorsque ces personnes ont un problème de toxicomanie et qu’elles doivent subir l’incarcération?

 Toxicomanie

En cette Semaine de la prévention de la toxicomanie, nous croyons qu’il est important de lever le voile sur cette problématique présente dans les milieux carcéraux. Voici quelques données pour illustrer celle-ci : « Le Service correctionnel du Canada estime que presque sept (7) détenus fédéraux sur dix (10) ont un problème de toxicomanie » (Henry, 2010 ; Canadian Medical Association Journal, 2002).

Au Québec : « Un détenu sur quatre (4) a déclaré avoir consommé de la cocaïne à l'intérieur des murs de la prison – si on ajoute la consommation « en liberté », 80 % des détenus, hommes comme femmes, ont déjà consommé de la cocaïne ; 4% des détenus ont reconnu avoir pris de la drogue par injection pendant leur incarcération et ont admis avoir partagé leurs seringues avec leurs compagnons de cellule plus d'une fois sur deux [...]. Hors des murs, c'est 27 % des détenus et pas moins de 43 % des détenues qui ont déjà touché aux drogues dures » (Henry, 2010 ; Lessard, 2008). Ces données démontrent bien que le problème de la toxicomanie est fortement présent tout au long du parcours carcéral et qu’il devrait être abordé lorsqu’une personne est incarcérée.

La consommation est plus dangereuse à l’intérieur des murs, d’où l’importance d’en parler.

D’une part, nous croyons qu’il faudrait faire davantage de sensibilisation sociale pour prévenir la dépendance en informant les gens de façon continue sur cette problématique, puisque la consommation et l'agir délictuel vont souvent de pair. « Le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies estime que 54 % des détenus fédéraux et un nombre semblable de détenus provinciaux avaient abusé de l'alcool ou des drogues le jour où ils ont commis leur délit » (Henry, 2010 ; Canadian Medical Association Journal, 2002). Et d’autre part, il faudrait améliorer le suivi psychosocial en prison afin d’être plus adapté aux besoins des personnes souffrants d’un problème de toxicomanie.

En terminant, que la toxicomanie soit vécue en milieu carcérale ou dans la population générale, elle est une situation mal comprise et taboue. C’est justement en cette semaine de prévention que nous espérons conscientiser sur la dépendance qui ne se trouve jamais bien loin.

 

Sources :

[1] Canadian Medical Association Journal (2002), L'optique carcérale, Repéré sur le site: http://www.cmaj.ca/cgi/content/full/167/10/1095

[2] Henry, David (2010) Toxicomanie et criminalité : faits et statistiques, Bulletin de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec, Volume XXIII (2), p.1-3, repéré sur le site:  http://www.asrsq.ca/fr/salle/porte-ouverte/1003/salle_por_100303.php

[3] Lessard, Denis, Le nombre de prisonniers infectés à un niveau alarmant, La Presse, 9 janvier 2008.

 

Photo : Pixabay.com

Mise en ligne : novembre 2016 © Alter Justice