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Criminalité

La toxicomanie et le passage à l’acte frauduleux chez l’adolescent

Par Samira Figuigui

La consommation de drogues lance un signal d’alerte aux différentes parties prenantes entourant l’adolescent. Ces parties correspondent aussi bien aux parents appartenant à la cellule familiale principale que les membres du personnel de l’établissement scolaire, les relations de l’adolescent (amis proches, camarades de classe ou au cours des différentes activités socioculturelles ou sportives). Cet appel contribue à prévenir la déviance chez l’adolescent.

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Au préalable, on ne le dira jamais assez tant que les adultes ne l’appliqueront pas, que les jeunes ont besoin d’attention spéciale et d’une considération particulière. Cette transition entre l’insouciance de l’enfance à la préparation vers le passage à l’âge adulte laisse l’adolescent dans une incertitude et une instabilité qui l’entraine à être en quête de son existence. Cette situation de fragilité rend l’adolescent plus vulnérable à la consommation d’alcool et aux autres drogues et substances toxiques. Ces alternatives soulagent l’adolescent quelques instants pour se libérer des pressions qui l’environnent. Toutefois, la rechute provoque des situations dramatiques.

Au-delà des différentes études réalisées pour comprendre la corrélation entre la toxicomanie et la délinquance chez les jeunes, nous allons essayer d’apporter une nouvelle perspective à ce questionnement délicat et important.

Tout d’abord qu’entend-on nous par la toxicomanie. Selon l’OMS se réfère à un abus de substance psychoactive qui s’entend « d’une substance qui lorsqu’elle est ingérée ou administrée, altère les processus mentaux, comme les fonctions cognitives ou l’affect. L'abus de substances psychoactives se réfère à l'usage nocif ou dangereux de substances psychoactives, dont l'alcool et les drogues illicites. L'usage de substances psychoactives peut entraîner un syndrome de dépendance - un ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et physiologiques qui se développent à la suite d'une consommation répétée de substances »[1].

Ce qui nous intéresse dans le présent article est l’usage d’une substance psychoactive. De cette pratique l’adolescent peut se trouver dans plusieurs situations. Toutefois, nous n’en retiendrons que deux. D’une part, celle où l’adolescent consomme une substance pour se donner du courage pour commettre un acte frauduleux. Et d’autre part, une autre situation où l’adolescent commet un acte frauduleux pour accéder à sa substance psychoactive.

En premier ressort, la toxicomanie chez le jeune peut être constitutive d’un passage à l’acte délictuel ou criminel. Sous l’emprise d’une substance psychoactive, le jeune peut se comporter de manière négative et dangereuse soit envers lui-même soit envers la société. Afin de prévenir ces risques, le centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies essaient d’empêcher l’apparition de comportements déviants, voire criminels, chez l’adolescent[2]. De plus, nous émettons une hypothèse, que les adolescents ayant l’intention de commettre un acte frauduleux prennent des substances psychoactives pour faciliter le passage à l’acte frauduleux. Cette consommation permet de diminuer le stress et la vision des risques encourus. De cette attitude, il en ressort que l’adolescent est d’une part conscient de l’infraction prochaine, et d’autre part il n’est pas capable de réaliser cet acte dans un état normal, c’est pourquoi il a besoin d’ingérer des substances qui pourront l’aider à annihiler ses sentiments. L’enquête ne précise pas si les jeunes se sont drogués pour commettre cet acte ou pas, mais il apparait que « 37 % des jeunes présentant un problème de consommation ont commis un geste délinquant alors qu’ils étaient sous l’influence de la drogue »[3].

En deuxième ressort, l’adolescent dans une phase de consommation extrême et dangereuse peut se trouver dans une certaine précarité financière ou autre. Afin de se procurer une drogue, les études démontrent que l’adolescent ne montre aucune réticence à commettre un acte frauduleux pour financer sa drogue. Ainsi des comportent violents, agressifs ou dangereux se présentent au jeune.

Enfin, l’Enquête internationale[4] auprès des jeunes démontre que les comportements délinquants étaient plus présents chez les jeunes qui consomment de l’alcool (35 % comparativement à 9 %) ou bien qui consomment de la drogue (60 % comparativement à 16 %)[5].

En conclusion, la toxicomanie chez les jeunes correspond soit au résultat soit au moyen face à l’infraction commise.

 

SOURCES

[1] Site internet de l’OMS – Thème santé - Abus de substances psychoactives

[2] Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (2007). Toxicomanie au Canada : pleins feux sur les jeunes. Ottawa (Ontario), Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies.

[3] Candide Beaumont, conseillère clinique, « L’intervention auprès des jeunes aux prises avec un problème de consommation d’alcool ou de drogues et de délinquance dans les centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes », FQCRPAT Présentation au Congrès de criminologie Québec, 24 mai 2007.

[4] Effectuée sur un échantillon d'étudiants de Toronto (plus de 3 200 jeunes de la 7e à la 9e année) en 2006.

[5] Centre national de prévention du crime / National Crime Prevention Centre, « Aperçu statistique des jeunes à risque et de la délinquance chez les jeunes au Canada », Sécurité publique Canada, 2012, p.4.

 

 

Photo : Rebcenter Moscow (Pixabay.com)

Mise en ligne : mai 2018 © Alter Justice