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La surpopulation carcérale au Québec
État de situation
« À court terme, d'ici un an, nous voulons remédier aux
problèmes qu'occasionne la surpopulation dans nos
établissements de détention, dont celui d'Amos. Cette
intervention facilitera les opérations quotidiennes dans
l'établissement et réduira la pression sur les autres
établissements ».
Jacques Dupuis, ministre de la
Sécurité publique du Québec. Communiqué de presse du 7
février 2008, concernant l'ajout de 324 places par la
construction de bâtiments modulaires temporaires.
La situation n'a guère changée, malgré l'ajout de 324 places :
- Cette surpopulation carcérale est toujours présente en 2009-2010.
L'ajout de places provenant de "bâtiments modulaires temporaires" aux
établissements de Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke et la réouverture
de l'Aile "A" de l'établissement de détention de Montréal n'ont pas
réussi à combler les besoins toujours aussi importants du réseau
correctionnel québécois. Source : Protecteur du citoyen, Rapport annuel
2009-2010. p.56.
- L'interpellation sur l'état des Services correctionnels à
l'Assemblée nationale le 15 mai 2009 a permit d'apprendre qu'au 31 mars
2009, il y avait 4705 détenus dans nos prisons alors que la capacité
d'accueil est de moins de 4000 places. Source : ministère de la
Sécurité publique du Québec.
- Au 31 janvier 2009, le taux d'occupation moyen dans les prisons
québécoise s'élevait à 116%. Source : ministère de la Sécurité publique
du Québec.
- "Les BMT [bâtiments modulaires temporaires] ont permis de «mettre un
peu de baume» sur les plaies des gardiens de prison, selon le
syndicaliste. «Mais ils n'ont pas réglé le problème de surpopulation. On
veut qu'ils restent une solution temporaire.» -- Stéphane Lemaire,
président national du Syndicat des agents de la paix en services
correctionnels.
- "L'ajout d'un bloc modulaire temporaire (BMT) de 36 places
l'établissement de détention d'Amos aura certes permis d'y résorber en
partie les problèmes de surpopulation carcérale. Mais le problème reste
entier, alors que 353 détenus ont tout de même été transférés vers
d'autres prisons du Québec entre le 1er avril 2009 et le 9 février 2010.
Ce sont les chiffres obtenus auprès de Mario Vaillancourt, du ministère
de la Sécurité publique. La prison d'Amos compte un total de 122 places.
Le 7 mars dernier, 125 personnes étaient incarcérées à Amos, pour un
taux d'occupation de 102%". Source : L'Écho Abitibien, 26 mars
2010.
Quelques exemples :
Des coûts sociaux importants
L'ajout de 324 places temporaires et de 338 places permanentes dans le
réseau correctionnel québécois se traduit par la construction de 4 nouvelles
prisons, la réouverture de la prison de Percé et l'aménagement de bâtiments
modulaires, qui coûteront aux contribuables québécois 418 M$ au total.
À cette dépense, il faudra ajouter 20 M$ par année en frais d'incarcération
supplémentaires (40 M$ si les places temporaires sont maintenues en
services).
Un montant substantiel puisé à même les finances du Québec alors que nous
faisons face à une crise financière importante. D'autant plus que les
études démontre que l'ajout de nouvelles places n'est pas nécessaires.
Cet argent aurait certainement été mieux investi ailleurs !
Quelques exemples ?
Le GDDDQ avait pourtant averti la population et le ministre...
Lors de l'annonce de l'ajout de 5 nouvelles prisons et de la création des
bâtiments modulaires temporaires, le GDDDQ avait averti la population et le
ministre à l'effet que l'ajout de places en détention n'avait jamais
contribué à régler le problème de surpopulation carcérale :
«Selon le Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec (GDDDQ), l’annonce
de l’ajout de 338 nouvelles places en détention au coût de 388 millions $ faite
par le ministre de la Sécurité publique, monsieur Jacques Dupuis, ne contribuera
pas à désengorger le réseau correctionnel. [...] Le GDDDQ est sceptique au
sujet des places dites « temporaires » qui seront créées. L’exemple de
l’occupation double et même triple dans les cellules prouve qu’une fois créées,
les places demeurent permanentes ».
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L'HEURE JUSTE !
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Il
faut ajouter des nouvelles places en détention pour régler le
problème de surpopulation carcérale. |
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Ce qu'en dit le Protecteur du
citoyen (rapport annuel 2008-2009)
« Il faut cependant relativiser les conséquences de cette solution
provisoire à la surpopulation carcérale et aux transferts à répétition
d’un établissement à un autre de personnes incarcérées. Selon les
critères de sélection pour l’hébergement dans ces modules, seules les
personnes ayant le degré de dangerosité le moins élevé, une condition
physique et mentale ainsi qu’un comportement jugés adéquats peuvent y
être incarcérées. Le ministère de la Sécurité publique reconnaît que,
pour combler ces nouvelles places, les personnes au profil recherché
viendront aussi d’établissements n’ayant pas de bâtiments modulaires.
Ces transferts pourraient générer des effets néfastes (éloignement des
proches et des ressources communautaires de la région d’origine,
discontinuité des services médicaux, etc.) sur les conditions
d’incarcération des personnes touchées par cette mesure.»
Dossier surpopulation carcérale
Mise en ligne le : mars 2010
Alter Justice