L'heure juste

Les criminels dangereux menacent nos enfants !

Dernière mise à jour : 22 juillet 2015

 

Voici les faits

Une réelle menace ?

Alors que certains laissent entendre que nos enfants sont de plus en plus menacés par des kidnappeurs, les statistiques de la criminalité au Canada démontrent le contraire.

Bien que le rapt (voir la définition plus bas) soit bien sûr une infraction grave, il s’agit d’une des infractions les moins souvent commises au Canada, avec un taux de 1/100 000 hab. en 2014, selon les dernières statistiques de la criminalité au Canada.  Le nombre de rapts suit une tendance à la baisse depuis le début des années 2000.

Le saviez-vous ?

Saviez-vous que les enfants risquent dix fois plus d’être victimes d’un accident mortel que d’un homicide ?  Le taux de mortalité en raison d’un homicide chez les enfants âgés de de 1 à 14 ans s’élève à 0.4 /100 000 hab.  En comparaison, ce taux s’élève à 10.6 pour les mortalités causées par un accident, 5.3 par des tumeurs malignes et de 2.0 par suicide.

Chez les jeunes de 15 à 19 ans, le risque de décès par suicide ou par accident est 9 fois plus élevé que par homicide.

Taux de mortalité*, Canada, 2005

 

 

Décès

 

Pop totale

Homicide

Accidents

Tumeurs malignes

Suicide

 

nbr

nbr

taux

nbr

nbr

nbr

taux

nbr

taux

1 à 4 ans

1 360 230

14

1.0

74

5.4

28

2.1

0

0.0

5 à 9 ans

1 884 736

3

0.2

64

3.4

45

2.4

1

0.1

10 à 14 ans

2 107 333

5

0.2

95

4.5

43

2.0

43

2.0

TOTAL

5 352 299

22

0.4

233

4.4

116

2.2

44

0.8

TOTAL

5 352 299

22

0.4

233

4.4

116

2.2

44

0.8

Risque vs homicide**

1

10.6

5.3

2.0

 

15 à 19 ans

2 147 742

51

2.4

458

21.3

61

2.8

213

9.9

Risque vs homicide**

1

9.0

1.2

4.2

*  : Taux sur /100 000 hab.

** : Présente la comparaison du risque vs l’homicide.  Par exemple, 10 signifie que le risque de décès est dix fois plus élevé comparativement à l’homicide.

Source : Statistique Canada. Mortalité au Canada : Liste sommaire des causes, 2005, Ottawa, 2009. 127 pages.

Le rapt

L’enlèvement d’une personne mineure, selon le Code criminel canadien, est une infraction distincte à l’enlèvement appelée rapt.  Selon l’article 280 du Code criminel, il y a rapt lorsque, sans autorisation légitime, quelqu’un enlève une personne non mariée, âgée de moins de seize ans, de la possession et contre la volonté de son père ou de sa mère ou d’un tuteur.

Les peines prévues par la Loi

La personne qui commet une telle infraction est passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans et de dix ans s’il s’agit d’une personne de moins de quatorze ans.  Le rapt par le père, la mère ou le tuteur d’enfants de moins de quatorze ans est également passible d’une peine maximale de dix ans.

Les peines minimales ont-elles un effet dissuasif ?

Aucune étude n’a réussi à démontrer l’efficacité des peines minimales obligatoires sur la réduction de la criminalité.

L’imposition de peines minimales est déplorée par les juges puisqu’il limite grandement leur devoir d’évaluer la gravité du crime commis en fonction des facteurs aggravants et atténuants et pouvoir ainsi imposer une sentence appropriée.

« Les dispositions prévoyant des peines minimales obligatoires d’emprisonnement de longue durée sont susceptibles d’entraîner des dépenses considérables »[i]

Une approche purement idéologique

« Les politiques de justice pénale fondées sur la croyance selon laquelle une " ligne dure " permet de réduire la récidive ne sont pas appuyées par des données empiriques. »[ii]

À la lumière des données sur la criminalité, rien ne semble indiquer une menace accrue pour la sécurité des enfants comme le laisse croire le gouvernement fédéral.  Les résultats des études sur le sujet sont formels : l’approche répressive préconisée par le gouvernement s’avère la moins efficace en matière de lutte à la criminalité et la plus coûteuse.  Il s’agit d’une vision purement idéologique.  L’utilisation de la peur et la manipulation de l’information à des fins partisanes n’ont pas leur place en matière de sécurité publique.

Sources :

[i] GABOR, Thomas & CRUTCHER, Nicole.  Les effets des peines minimales obligatoires sur la criminalité, la disparité des peines et les dépenses du système judiciaire, Ministère de la Justice du Canada, 2002.

[ii] SMITH, Paula et al.  Effets de l’incarcération et des sanctions intermédiaires sur la récidive : effets généraux et différences individuelles, Ministère de la Sécurité publique du Canada, 2002.

Statistique Canada.  Statistique sur les crimes déclarés par la police au Canada.

Mise en ligne : décembre 2010 © Alter Justice