Statistiques

Criminalité : à la hausse ou à la baisse ?

Le taux de criminalité au Québec et au Canada

Dernière mise à jour : 24 juillet 2018

Taux de criminalité (Canada / Québec)

CDA (2017) : 5 334 / 100 000 hab.

QUÉ (2017) : 3 359 / 100 000 hab.

Les crimes déclarés par la police au Canada, tels que mesurés par le taux de criminalité et l'Indice de gravité de la criminalité (IGC), ont augmenté pour une troisième année consécutive en 2017. Le taux de criminalité national a augmenté de 1 %, tandis que l'IGC déclarée par la police s'est accru de 2 %. Il s'agit d'une troisième augmentation consécutive de l'IGC, qui fait suite à une tendance à la baisse enregistrée au cours d'une période de 11 ans, soit de 2003 à 2014. L'IGC est une mesure des crimes déclarés par la police qui tient compte à la fois du volume et de la gravité des crimes. La majorité des crimes commis sont des infractions contre la propriété [voir les catégories d'infractions]

" Quelques événements particulièrement importants qui se sont produits au Canada en 2017 servent de toile de fond aux statistiques nationales de cette année-là. En janvier 2017, une fusillade de masse a eu lieu au Centre culturel islamique de Québec. L’attaque a donné lieu à six homicides et à 40 tentatives de meurtre (Perreaux, 2018; Mathieu, 2017). Elle a contribué à l’augmentation du taux de tentatives de meurtre non seulement pour la ville de Québec et la province de Québec, mais aussi pour l’ensemble du pays. En 2017, les médias et les réseaux sociaux ont par ailleurs accordé une grande attention à des campagnes comme #MoiAussi et Et Maintenant, qui ont permis de sensibiliser la population à la fréquence des agressions sexuelles et du harcèlement sexuel et d’exiger la reddition des comptes. L’attention publique a peut-être incité un plus grand nombre de victimes à signaler leur victimisation à la police (voir, par exemple, Coubrough, 2018; Winiewski, 2017; Laframboise, 2017). De plus, les médias ont traité des différentes façons dont la police classe les agressions sexuelles comme fondées ou non fondées, ce qui a incité la police à examiner à nouveau certains dossiers et à renouveler son engagement à l’égard des victimes (Doolittle, 2017; Doolittle et autres, 2017; Association canadienne des chefs de police, 2017). Ces événements ont pu contribuer à l’augmentation du nombre d’agressions sexuelles déclarées au Canada en 2017. Dans un tel contexte, l’augmentation du nombre d’agressions sexuelles déclarées par la police fera l’objet d’un examen détaillé, dont les résultats devraient être diffusés à l’automne 2018.  "
Source : Statistique Canada.

 

En baisse depuis le sommet de 1991

Malgré les hausses observées depuis les trois denières années, le taux de criminalité au Canada et au Québec demeure beaucoup plus bas en comparaison avec le sommet atteint au début des années 1990. Celui-ci est passé de 10 342 / 100 000 habitants en 1991, à 5 334 / 100 000 habitants en 2017. 

Cette année encore, ce sont les provinces de l'Ouest qui affichent les plus hauts taux de criminalité au Canada par provinces.  Le Québec, l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard ont respectivement les taux de criminalité les plus bas et inférieurs à la moyenne canadienne.  De leurs côté, la Saskatchewan, le Manitoba et l'Alberta affichent respectivement les taux de criminalité les plus élevés parmis les province canadienne.  Cela dit, ce sont les trois territoires canadiens qui présentent les taux de criminalité les plus élevés au Canada, le taux le plus élevé étant de 40 914 / 100 000 hab. dans les Territoires du Nord-Ouest.

Échec de l'approche répressive et coûteuse

À la lumière des statistiques précédentes, on remarque que l'approche répressive et coûteuse préconisée par le gouvernement fédéral canadien entre 2006 et 2015 n'a pas eu d'impact sur la criminalité au Canada. Le taux de criminalité n'a connu aucune baisse marquée suivant l'adoption des mesures répressive. Au contraire!   Les données sur la criminalité semblent confirmer ce que les études démontrent, à savoir que « les politiques de justice pénales fondées sur la croyance selon laquelle une "ligne dure" permet de réduire la récidive ne sont pas appuyées par des données empiriques. » [1].

Sources :

Statistique Canada.  Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2017. [juillet 2017]    Consulter le document (site externe) >>>

 Statistique Canada.  Tableau  35-10-0177-01   Statistiques des crimes fondés sur l'affaire, par infractions détaillées 

1. Smith, P. Goggin, C et Gendreau, P. Effets de l'incarcération et des sanctions intermédiaires sur la récidive : effets généraux et différences individuelles (Rapport pour spécialistes 2002-01), Ottawa, Solliciteur général du Canada, 2002.

 

Mise en ligne : décembre 2010 © Alter Justice